- Youssef Rzouga (poète tunisien)
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Youssef Rzouga (يوسف رزوقة), né le 21 mars 1957 à Ksour Essef, est un poète tunisien d'expression arabe et française.
Youssef Rzouga suit ses études à la faculté des lettres et sciences humaines de Tunis jusqu'en 1980 puis à l'Institut de presse et des sciences de l'information où il obtient une maîtrise en sciences politiques. Il travaille actuellement dans le champ du journalisme culturel.
Ses premiers poèmes datent du début des années 1970. Mû par un sens esthétique, il s'emploie à explorer de nouvelles voies d'expression et à adapter ses vers aux préoccupations de son époque. Ses dernières productions témoignent d'une volonté de transgression des lois du genre qui tend à mêler la poésie à la prose. De par ses contacts suivis avec les jeunes poètes dans le cadre de ses activités au sein du Club du mercredi littéraire à l'espace Tahar Haddad ou à la tête des pages culturelles du journal Alayyam, Rzouga semble être le poète qui a eu le plus d'influence sur la génération des années 1990.
S'appuyant sur un savoir encyclopédique (mathématiques, physique, biologie ou informatique) et recourant à une méthode de poétisation originale, il établit des relations insoupçonnées entre les termes scientifiques et les termes littéraires au profit d'un nouvel imaginaire poétique moderne.
Les mots / (Rythme d'orient)
Les mots sont partout
Mous
Nus
Et épars
Lui seul
S'en sert
Pour les unir
Et avec..
Il fonde le monde
De tout un monde,
A part.
Les mots sont libertins,
Fous
Et féroces
Et c'est lui..
Seul
Qui s'en occupe,
Petit à petit..
Pour les dompter
Ils sont ingrats
Et rétifs..
Lui seul
S'en charge
De Z à A
Pour les rendre amis,
Multiples
Et beaux.
Lui seul..
Fait, d'un linceul..
Un jeu possible de fée
C'est lui...
Le Poète.
Pourtant
Il n'y est pas seul..
Pour dire le fin mot
D'un miracle pareil:
Les oiseaux
Eux aussi
Font leurs printemps
Tout en chantant
L'espace,
La vie des mots
Et le temps à venir.
Ecarte-toi de ma route
Passe ma douleur
TuniCiel
Je
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meilleurs. La poésie sera la gagnante.
« je veille, dans la mesure du possible, à ne faire que des peintures qui suscitent le mystère avec la précision et l’enchantement nécessaire à la vie des idées »,
Lecture personnelle d'un tableau de magritte.
A propos de la création de ce tableau, Magritte avait parlé d'un moment de "présence d'esprit" inexpliquable.
Je vais tenter de reconstituer ce moment, sans grande prétention, étant totalement profane dans ce domaine.
Fêtes de Noël, Magritte, il a quarante ans, est assis dans un fauteuil,
prés de la cheminée. Sur la cheminée, une horloge et deux chandeliers.
Au dessus de la cheminée, un miroir. Un enfant joue avec un train électrique.
L'artiste se rappelle sa jeunesse, l'attente du cadeau de Noël, ses lectures d'enfant…
Il médite sur la fuite du temps, la vie, la mort,…
Il s'endort et rêve qu'il passe de l'autre côté du miroir du salon, comme Alice dans " De l'autre côté du miroir" de Lewis Carroll.
Il n'en faut pas plus pour inspirer l'artiste. Le tableau est là. Ce sera un tableau sur la domination de l'homme par le temps.
Le train, le jouet, le cadeau, tombé de la cheminée, comment l'intégrer au tableau.
La cheminée sera la gare. Le train surgira donc de la cheminée dans l'intimité du salon. Ce sera la surprise, l'effet bouleversant du tableau.
Dans l'horloge, il est midi 43 mn. Le soleil est au sud. Le train va donc d'Est en Ouest. La course du soleil. L'alternance jour nuit, vie mort, chaleur de la locomotive, froid du marbre de la cheminée. Ne dit-on pas de la lune le char de la nuit? le soleil serait le train du jour.
Le train, le
jouet, decrit des cercles. Quand il sort du cercle, il va tout droit.
Comme dans le tableau. Sortir du cercle, du temps, c'est la mort. C'est
un instantané de la mort. La mort en direct.
La symbolique du cadeau. La vie est un cadeau qu'on reçoit sans notre assentiment, et qu'on nous ôte sans nous prévenir. Là, il faut voir les quatrains de Khayyam:
D'abord, il m'a donné l'être sans mon assentiment,
ce qui fait que ma propre existence me jette dans la stupéfaction.
Ensuite, nous quittons ce monde à regret
sans y avoir compris le but de notre venu, de notre halte, de notre départ.
L'horloge: Baudelaire
Horloge ! Dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible
Mais dans ce tableau, ce ne sont pas les aiguilles qui vont se planter dans la cœur, mais un train, lancé à toute vitesse. Bien plus impressionnant!
Le miroir: le passage de l'autre coté. La mort. Mais ici, il y a une énigme. Le miroir ne reflète qu'un des cierges. Après la mort, le néant, ou bien une autre vie. L'artiste ne veut pas donner de solutions, veut garder le mystère. 50-50
Et là aussi, Khayyam:
Nous sommes des poupées que la roue du ciel agite,
ceci est une vérité et non une métaphore.
Nous sommes, en effet, des jouets sur ce damier des êtres,
que nous quittons pour entrer un à un dans le néant.
C'est ma lecture de ce tableau. A vous mes ami(e)s.
Tuniciel
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Plage déserte
Crépuscule d’une journée d’hiver
Les pieds nus sur le sable
Cette mer qu’il a aimée
Qui l’a aimé
Et qui m’accable
Silence pesant ... cuisant
Souvenir cru
Ardent, vivace
Le temps figé
A mon errance
Apprivoiser l’absence
Réalité ; non-sens
Se réfugier dans l’oubli
Mon salut, ma perte
Tuniciel
Je
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Le silence s'installe
s'étale
Cotonneux, sombre et froid
Les yeux s'évitent
Les corps gravitent
S'attirent, se repoussent
Immuable loi
Nos cœurs aveugles
Titubent
Cherchent dans le noir
Cette ancienne voie
Je
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Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.
Baudelaire.
Si la vie est comme un grand songe,
A quoi bon tourmenter son existence !
Pour moi je m’enivre tout le jour,
Et quand je viens à chanceler, je m’endors au pied des premières colonnes
A mon réveil je jette les yeux devant moi :
Un oiseau chante au milieu des fleurs ;
Je lui demande à quelle époque de l’année nous sommes.
Il me répond : A l’époque où le souffle du printemps fait chanter l’oiseau.
Je me sens ému et prêt à soupirer,
Mais je me verse encore à boire ;
Je chante à haute voix jusqu’à ce que la lune brille,
Et à l’heure où finissent mes chants, j’ai de nouveau perdu le sentiment de ce qui m’entoure.
Li Baï
Puisque personne ne saurait te répondre du jour de demain, empresse-toi
de réjouir ton coeur plein de tristesse; bois, ô lune adorable!
bois dans une coupe vermeille, la lune du firmament
tournera bien longtemps, sans nous y trouver.
absorbé par le vin, couvert de déshonneur!
lorsque nous avons la saine raison, le chagrin nous assaille de tous côtés;
à peine sommes-nous ivres, eh bien, advienne que pourra!
que le teint de ma figure rivalise avec celui de la tulipe,
que ma taille soit élancée comme celle d'un cyprès, il ne m'a pas été démontré,
cependant, pourquoi mon céleste peintre a daigné m'ébaucher sur cette terre.
que l'odeur puisse en sortir de terre quand j'y serai rentré,
que les buveurs à moitié ivres de la veille qui viendront sur ma tombe
puissent, par l'effet seul de cette odeur, tomber ivre-morts.
Khayyam
Je
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Les pruniers
Dénudés
Assoupis
Enrobés de givre
Les mésanges
Savourent le silence
La tête en bas
Ivres
Des pensées m'assaillent
Se pressent
Se bousculent
Se dérobent
S'éloignent
Libres
Mon cœur
Enchanté
Léger
Vibre
Tuniciel
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Je suis
Cette lumière
Qui m'éclaire
Que je porte
Ce vent que je souffle
Qui m'entraîne
Qui m'emporte
J'escalade une montagne
Qui s'élève sous mes pas
Je vogue sur une mer
Qui s'étend sous mes mats
Je suis cette rivière
Qui suit le cours
Qu'elle creuse
Une route
Que je trace
Pentue et tortueuse
Les vertes collines
De mes yeux
Je les dessine
Ce grand ciel azur
C'est une toile
Que je tire
Mon temps
C'est le présent
Vibrant, éternel
Mon espace
Démesuré, infini
Perpétuel
Sur la pointe du vertige
Limite de l'indicible
Mon regard soudain se fige
Sur ton regard impassible
Ce matin d'hiver est mien
Le froid, arbres nus mes amis
L'arc en ciel, les nuages d'airain
Les murs gris, silences exquis
Pour toi,
Je tresserai le clair de lune
Je broderai le bleu désir
Je filerai les tristes vagues
Je tisserai le doux zéphyr
Je t'offrirai
Des boutons éclair de rose
Perles serties de lumière
Je t'habillerai de ma prose
Je t'illuminerai de mes vers
Je t'incrusterai
Dans les rêves des enfants
Les étangs assoupis, le bleu firmament
Les pâles aurores, les torrents triomphants
Les étoiles vacillantes, les rires déments
Tuniciel
Je participe à un concours de poésie sur le 360. Il faut voter et laisser un commentaire. Je vote pour "untel" N°...
Il y a de trés beaux poèmes.


superbe à lire ce texte l'émotion se transmet !! read more
on Silence